Toutes deux, ayant récemment obtenu un DIU en éducation thérapeutique du patient, ont présenté, lors de la Journée des Directeurs de Soins de Picardie organisée par la DRASS de Picardie, une communication orale.
Elles ont ainsi pu présenter leur mémoire de DIU élaboré en 2008 et aborder les missions du Pôle de Prévention et d'Éducation du Patient d'Abbeville.
Le résumé de cette communication se trouve ci-après.
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En quoi les représentations des patients et des soignants influent sur la prise de rendez-vous au pôle de prévention et d’éducation du patient d’Abbeville ?
I. Grosset : Infirmière en éducation – Cl. Trochet : Diététicienne en éducation
Dr S. Bernasconi Centre Hospitalier d’Abbeville – www.educapic.com
Le Pôle de Prévention et d’Éducation du Patient (PPEP) à visée cardio-vasculaire est ouvert depuis 10 ans. Notre structure se veut être une aide aux patients, en lien avec leurs médecins traitants et spécialistes pour une prise en charge et un accompagnement (personnes à risque cardio-vasculaire en prévention primaire et secondaire).
Les patients adressés par leur médecin traitant, viennent sur place, avec une « fiche d’adressage ».
Mais nous avons observé, depuis quelques années, que bon nombre de courriers de spécialistes (diabétologues, cardiologues…) étaient classés sans suite.
Cette problématique nous a servi de départ à une réflexion pour notre mémoire, réalisé dans le cadre d’un Diplôme Inter-Univertaire en Éducation Thérapeutique du Patient (ETP) en 2008, formation qui nous paraissait essentielle dans le but d’obtenir une reconnaissance professionnelle.
Phase d’observation
Nous avons exploré les représentations des médecins adresseurs libéraux et hospitaliers et des infirmiers hospitaliers sur le PPEP et l’ETP par des entretiens et avons envoyé un questionnaire anonyme aux patients suivis afin de connaître leur ressenti sur leur prise en charge au Pôle.
Conclusion
- Les infirmiers hospitaliers connaissent la structure mais ne savent pas expliquer ce que l’on propose aux patients (en individuel et en collectif) et donc ne la conseillent pas suffisamment.
- Les médecins interrogés n’ont pas reçu de formation en ETP mais paradoxalement disent tous la pratiquer en consultation, mais évoquent le problème d’un manque de temps.
- Les patients suivis au Pôle expliquent être venus en premier lieu pour une aide diététique, mais après avoir compris le principe d’une prise en charge globale, ils apprécient les multiples compétences et le professionnalisme de l’équipe, l’écoute et l’accompagnement personnalisé.
Phase d’exploration
Nous avons rencontré - d’une part des médecins non adresseurs afin d’explorer leurs représentations sur l’ETP, la façon dont ils la pratiquent et leur conception de l’accompagnement du patient.
- d’autre part des patients qui n’avaient pas pris rendez-vous malgré un courrier, pour étudier leurs représentations sur les facteurs de risque cardio-vasculaire, la maladie et la relation soignant-soigné.
Conclusion
Nous avons relevé des contradictions :
- les médecins disent écouter leurs patients et leur donner des informations mais un patient sur deux nous a dit ne pas recevoir suffisamment d’information sur sa maladie donc cette information n’est pas toujours entendue ou comprise par les patients.
- les médecins traitants disent facilement conseiller le PPEP à leurs patients mais pour les patients l’information est plutôt donnée par leur spécialiste.
Nous avons constaté :
- que pour les médecins, l’éducation se résume à donner de l’information sur la diététique, la maladie, l’activité physique. Nous en déduisons donc qu’ils pensent que les messages qu’ils délivrent rejoignent ceux que nous donnons. Ils ne voient donc pas l’intérêt de nous adresser leurs patients, alors que l’ETP ne se résume pas à une information même de qualité.
- que les médecins ne connaissent pas réellement le fonctionnement du Pôle, donc ne le proposent pas à leurs patients, malgré nos efforts pour présenter notre structure depuis l’ouverture par le biais de réunions, d’invitations, de rencontres et l’envoi de courriers accompagnés de plaquettes.
Au total, L’ETP étant encore mal connue des professionnels de santé, il nous faut communiquer régulièrement sur cette nouvelle démarche dans la prise en charge du patient, intégrée au soin. L’ETP demande une collaboration inter-disciplinaire et une formation spécifique.